|
"Vocabulaire des Nouvelles Technologies Musicales" Editions Minerve (1994) - Mise à jour (2008) |
||||||||||
|
R |
||||||||||
|
Répartition spatiale de l'énergie acoustique, émise par une source sonore. La façon dont les diverses parties vibrantes d'un instrument émettent dans l'air caractérise son rayonnement (M. Castellengo: "Les sources acoustiques", 1990). Arnold Schönberg (J. C. RIsset, 1978) "N'importe quel évènement, apparaissant en un point quelconque de l'espace musical, provoque un effet non limité à son aire immédiate: il n'agit pas seulement sur un plan spécifique, mais dans toutes les directions et sur tous les plans, étendant son influence aux points éloignés". Une faible partie seulement de l'énergie totale est transformée en énergie vibratoire aérienne; le reste est dépensée par l'entretien des vibrations ou perdue en frottements. S'agissant des instruments à vents, les points d'émission sont les ouvertures: trous latéraux, embouchure, pavillon. L'étude du rayonnement analyse ainsi l'espace sonore de l'instrument aux différentes fréquences émises par celui-ci. Son image sonore peut varier énormément d'un point à l'autre si on tient compte des dimensions de la salle et du rôle des parois (plancher pour la clarinette et hautbois, mur pour le cor, plafond pour la flûte, état du sol pour la voix). Mauricio Kagel (von der Weid, La musique du XXème siècle, 1992) "J'ai remarqué que certains instruments témoignent d'une certaine exultation, "rayonnent" par le seul fait de leur articulation; d'autres exigent des mouvements fortement convulsifs de la part du musicien". * Directivité La directivité d'une source sonore (instruments, objets sonores ou haut-parleurs) mesure la fraction d'énergie rayonnée de cette source par rapport à l'énergie globalement émise dans chaque angle de l'espace. Le coefficient de directivité s'exprime en fonction des directions. La forme du plan d'onde et la directivité sont liées: une onde sphérique se propage dans toutes les directions alors qu'une onde plane se propage dans une seule direction. L'étude de la directionnalité des instruments (Garcia, 1983) permet de mieux cerner la place des instrumentistes (Meyer, 1970). * Distance La distance de n'importe quelle source sonore (instruments, objets sonores ou haut-parleurs) se mesure en rapportant la fraction d'énergie reçue à l'énergie globalement émise dans l'espace.
Représentation de la réalité qui n'existe que par l'ordinateur grâce aux algorithmes de synthèse (G. Burdeau, P. Coiffet: La réalité virtuelle, 1993). Le développement et la sophistication des techniques numériques montrent qu'il est possible de produire des signaux électriques qui possèdent toutes les propriétés des signaux acoustiques (IRCAM: La flûte enchantée de W. A. Mozart). L'audio-spectateur, muni d'accès gestuels appropriés (gant, casque) peut ainsi se déplacer en temps réel parmi les images et les sons synthétiques en trois dimensions dans n'importe quel espace imaginé pour l'architecture, le cinéma, les simulations ou les jeux vidéo.
Périphérique constitué par l'association symétrique de la compression et de l'extension. La généralisation des réducteurs de bruits sur les consoles de mixage et sur les multipistes a permis de supprimer le souffle et d'augmenter le rapport signal/bruit. Deux grands systèmes se partagent le marché. Le premier, à fonction unique, est inséré entre les sorties du magnétophone et la console de mixage: il nettoie le souffle à la lecture sans codage de la bande. Le second (DBX, Dolby), avec encodage et décodage, est le plus courant. Un compresseur placé en aval de la section d'enregistrement, relève les signaux de faible intensité. Une fois enregistrés, ces sons sont mélangés avec le souffle de la bande mais à un niveau plus élevé. A la lecture, un expenseur rétablit la dynamique correcte du signal utile. * DBX Système de réduction de bruit qui opère sans seuil sur toute la bande de fréquence. * Dolby A Système de réduction de bruit introduit en 1965, qui opère sur 4 bandes de fréquence distinctes. Il permet d'abaisser le bruit de fond de 10 à 14 dBm sur la totalité du spectre. * Dolby B Système de réduction de bruit qui opère au-dessus de 1000 Hz. Il est devenu courant sur les magnétophones à cassettes depuis le début des années 70. * Dolby C Système de réduction de bruit qui opère sur des fréquences inférieures au Dolby B. * Dolby SR Système de réduction de bruit qui opère avec 3 seuils sur 5 bandes de fréquence en incorporant un filtre à bande fixe et un autre à bande glissante, suivant le contenu spectral du signal. Le Dolby SR augmente le rapport signal/bruit jusqu’à 93 dB.
Si la partition traditionnelle reste un modèle opératoire pour produire des vibrations acoustiques (S.-E. Palmer: Fundamentals aspects of cognitive représentation, 1978), elle n'a plus le même sens lorsque nous éditons des signaux enregistrés sur un autre support que le papier (bande magnétique ou disque numérique). Elle est donc bien le reflet d'une chaîne de production qui conditionne la création et l'exploitation du matériau. Claude Cadoz, "Timbre et causalité" (1991) "La musique a un ancrage absolu dans la substance qu'est la vibration sonore. Tous les niveaux de représentation s'appuient sur une base constituée par l'expérience sensori-motrice du monde objectif". Dans la musique occidentale, la note est l'élément graphique et symbolique de base de l'écriture musicale comme peut l'être la lettre au texte. Elle est au centre des différents paramètres de jeux (hauteur, durée, intensité, timbre, mode de jeux). La musique électroacoustique qui bénéficie du support magnétique possède un mode de production et de diffusion où la partition joue un rôle d'analyse à postériori : voir la partition millimétrée de l'Etude n°2 de K. Stockhausen ou la partition graphique d'Artikulation (1958) de G. Ligeti. On s'aperçoit ainsi que la microstructure physique et l'incidence perceptive des vibrations acoustiques sont des dimensions impossibles à intégrer avec la notation traditionnelle. Il faudra certainement profiter des nouveaux interfaces graphiques pour bénéficier d'une nouvelle symbolique tridimensionnelle du son. Pierre Boulez, "Temps, Notation et code" (1981) "La seule notation future logique sera celle qui englobera la précédente: c'est à dire assumera les symboles actuels, les symboles neumatiques et les idéogrammes". On pourra alors donner un sens à l'écriture stéréophonique et à ses paramètres pour mettre en oeuvre la justesse de propagation et de réception des signaux dans la salle d'écoute. * Acousmographe Logiciel conçu par O. Koechlin et H. Vinet, pour représenter graphiquement les évènements sonores d'une oeuvre électro-acoustique : les contours sonores et les figures musicales sont ainsi catalogués à des fins d'analyse ou de diffusion. * Sonagramme "Photographie" de l'évolution temporelle du spectre sonore, le sonagramme est un document important en acoustique musicale car il correspond à l'image auditive et peut être décrit aussi bien dans le langage des physiciens que dans le langage des musiciens.
Réseau de télécommunication (Network) Système de transmission d'informations à distance avec fil (câble, fibre optique ou fil téléphonique) ou sans fil (onde hertzienne) entre deux ou plusieurs terminaux: micro-ordinateur, mobile, portable, télécopieur, téléphone, télévision, visiophone, etc. Pour transmettre et recevoir instantanément une information (donnée, image, son, texte, vidéo), un réseau de communication se caractérise par ses composants physiques (câble, fibre, commutateur, émetteur / récepteur, routeur, etc.), son débit (de quelques Kbit/s à plusieurs Gbits/s), son étendue géographique (quelques mètres à plusieurs milliers de Km) et son type de commutation. Les principaux supports physiques du câblage sont la paire torsadée (100 Kbits/s. à 100Mbits/s.), le câble coaxial (100Mbits/s.) et la fibre optique (plusieurs Gbits/s.). * Commutation Le transport des données sur réseau est régie par deux grandes techniques : ■ la commutation de circuits qui met en place un circuit physique réel entre l'émetteur et le récepteur: réseau téléphonique (réseau public, RNIS) ; ■ la commutation de paquets qui rassemble les données en blocs d'information: IP, X25, X21. Dans les réseaux à haut-débit, la commutation segmente les données, les images et les voix en cellules de tailles identiques, les mélange et les transporte pour les reconstituer à l'arrivée. * Réseau local (LAN) Réseau limité à une zone géographique déterminé (quartier, ville, village), le réseau local est souvent un réseau Ethernet (10 à 100Mbits/s.). * Réseau public (WAN) Réseau à l'échelle nationale ou internationale. On distingue principalement : ■ les réseaux filaires (ATM, Internet, RTC, RNIS, etc.) qui interconnectent des ordinateurs et tous types d'équipements électroniques (imprimantes, serveurs, téléphones, etc.) pour échanger les différentes informations numériques (voix, données, images, sons, vidéos) ; ■ les réseaux sans fil (GSM, GPS, Wifi, etc.) qui interconnectent aussi bien des portables que des mobiles. Avec leurs capacités de transmission toujours plus élevés, ils permettent aujourd'hui de visionner les chaînes de télévision sur un mobile.
* Serveur Ordinateur distant, le serveur héberge les sites web, traite les messages, gère les bases de données, administre les logiciels et partage ces ressources entre les utilisateurs connectés sur le réseau. * World Wide Web (WWW) Réseau informatique mondial bâti autour du protocole IP (Internet Protocol) : celui-ci établit la communication entre l'ordinateur client et le serveur pour échanger tous types d'informations numériques. La première génération du web met en valeur les liens hypertextes existant entre des documents HTML. La seconde génération du web (ou web 2.0) met en valeur les informations souhaitées par l'internaute grâce à des composants logiciels et des données réunies au sein d'applications riches et dynamiques : documents XML et DHTML, style CSS, modèle DWT, code javascript et PHP. La troisième génération du web (ou web 3.0) mettra en valeur les liens entre les données et les objets décrits par RDF (Resource Description Framework), identifiés par des URI (Uniform Resource Identifier).
Augmentation d'amplitude d'un système vibratoire lorsque la fréquence d'excitation coïncide avec la fréquence propre du système: la fréquence de résonance peut, soit être utilisée pour stocker de l'énergie et obtenir des effets d'amplification, soit être annulée.
Résonateur (Resonator) Pour atténuer ou supprimer en studio une fréquence grave, on utilise de préférence un piège acoustique (ou résonateur): l'absorption est maximale à la fréquence de résonance de celui-ci. Il existe plusieurs types de résonateurs : ■ le résonateur à diaphragme: panneau de contreplaqué, jouant un rôle de membrane. L'importance du vide d'air entre le panneau et le mur, la densité et l'épaisseur du contreplaqué, déterminent la meilleure atténuation ; ■ les panneaux absorbants basse-fréquences dérivés des résonateurs à diaphragme ; ■ le résonateur d'Helmoltz, utilisé pour les très basses fréquences ; ■ le paravent acoustique absorbant.
* Bass-trap Résonateur de 1 à 3 m3 de volume, très utilisé pour les basses fréquences dans les studios et les cabines de prise de son, le bass-trap est couvert de panneaux mobiles revêtus d'absorbant et communique par une ouverture avec le volume du studio.
Retard (Delay) Décalage temporel introduit sur le signal d'origine. Appliquées à deux signaux stéréophoniques, il fait apparaître d'abord la latéralisation de l'image auditive (durée inférieure à 1 seconde) puis le phénomène d'écho (durée supérieure à 40 ms). Son emploi avec un dispositif de réinjection crée des matières sonores superposées instables de durées infinies. * Retard magnétique Qui utilise la vitesse de défilement de la bande magnétique et la distance entre la tête de lecture et la tête d'enregistrement. Avec plusieurs magnétophones, on peut créer des dispositifs de réinjection complexes. * Retard analogique Il utilise plusieurs cellules mémorisant chacune une valeur de tension électrique: une seconde de retard échantillonnée à 40 kHz nécessite 40000 cellules. * Retard numérique Il utilise plusieurs bits par échantillons mémorisés. La taille de la mémoire et la fréquence d'échantillonnage sont importantes car une seconde de retard échantillonnée à 40 KHz, sur 12 bits nécessite 480 Kbits.
Persistance temporelle de l'énergie sonore distribuée uniformément dans tout le volume d'une salle, la réverbération prolonge l'écho et caractérise la salle d'écoute (réflexions sur les parois extrêmement nombreuses et indiscernables par l'oreille) : elle ne doit pas être confondue avec le temps de réverbération. Sur scène, elle augmente le confort et le contrôle de l'émission en constituant une amplification (addition de l'énergie directe avec l'énergie réverbérée) et un retour d'écoute (feed-back) pour l'instrumentiste. En stéréophonie, l'influence de la réverbération est importante sur l'ampleur de la scène sonore, mais faible sur le repérage directionnel. Pour exemple, la musique de M. Feldmann est à l'image de Piano (1977), construite autour d'une série de réverbération sur une source sonore identique. * EDT (Early Decay Time) (cf. paramètres de la salle d'écoute) * Temps de délai initial (ITD-Initial Time Delay) Dans une salle, temps qui sépare l'arrivée de l'onde directe de la première série de réflexions. * Temps de réverbération (RT60) Temps nécessaire pour que le niveau acoustique dans une salle diminue de 60 dB après l'extinction du son, d'où son appellation RT60. C'est une atténuation arbitraire de l'énergie initiale, indépendante de la puissance de la source et du bruit de fond de la salle. Le temps de réverbération représente : ■ environ 0,5 s. dans une pièce d'habitation: des valeurs de 1 seconde pour les fréquences basses et de 0,3 s. pour les fréquences aiguës n'ont rien d'anormal ; ■ 2 à 3 s. dans une salle (hall, salle de classe, bureau) ; ■ 8 à 10 s. dans une grande salle claire (salle d'orchestre, église). Le temps de réverbération optimal est celui qui, pour un volume donné, n'altère pas la modulation. En diction, le débit sera d'autant plus lent que le RT60 sera long.
|